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Hiver trop doux

Publié le par François MOAL

Des hirondelles et des oies qui oublient de migrer, des insectes méditerranéens qui remontent jusqu'en Allemagne et des floraisons précoces: la douceur de l'hiver perturbe les cycles naturels, et fournit un indice supplémentaire du réchauffement climatique. Les oiseaux migrateurs ont tendance à retarder de plus en plus leur départ, a témoigné jeudi la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), lors d'une conférence de presse.»
Des hirondelles hivernent maintenant en France au lieu de descendre en Afrique», indique Philippe Dubois, scientifique chargé du programme »avifaune et changement climatique» auprès de la LPO.Inversement, »on voit très peu d'oies et de canards, ces oiseaux restent à des latitudes plus septentrionales et n'ont pas besoin de descendre hiverner chez nous», souligne-t-il.» C'est tout bénéfice pour ces oiseaux qui viennent du nord: ils ont moins d'efforts à faire, ils restent dans les grandes réserves du nord où ils sont préservés des chasseurs», commente Allain Bougrain Dubourg, président de la LPO.Mais la douceur de l'hiver a pour inconvénient de provoquer un décalage entre le pic de naissance des insectes, plus précoce, et la période de reproduction des oiseaux: les insectes pullulent quand il n'y a pas encore d'oisillons à nourrir. Ainsi, les chenilles processionnaires sont déjà sorties dans le sud de la France alors que d'habitude, on n'en voit pas avant mars ou avril, selon la LPO.
Pour les arbres fruitiers, le risque est celui d'une floraison accélérée qui les exposerait à un éventuel retour du froid.Un risque que tempère Bernard Séguin, de l'Institut national de recherche agronomique (Inra), qui explique que les arbres fruitiers encore plongés dans un état de »dormance» dont ils ne sortent qu'après une période de froid. Or, justement, il n'a pas encore fait froid puisque l'automne a été très doux et que l'hiver n'arrive pas.»
Des variations climatiques, il y en a toujours eu, mais ces changements sont particulièrement rapides», compromettant la capacité des espèces à s'adapter, souligne Robert Barbault, écologue, professeur au Muséum national d'histoire naturelle (Mnhn). »
Des espèces vont s'effondrer, d'autres vont en profiter», prévoit-il.Déjà, »des insectes répandus dans les régions méditerranéennes progressent vers le nord», précise Gérard Luquet, maître de conférences au Mnhn.La mante religieuse est passée en Belgique et le grillon d'Italie est remonté en Allemagne.
On voit même apparaître en Europe des espèces tropicales, comme l'argus des pélargoniums, un papillon originaire d'Afrique du Sud, dont les chenilles s'attaquent aux géraniums. »
En Espagne, les horticulteurs ont renoncé à le cultiver», ajoute-t-il.
En région parisienne, le lipidoptère originaire de l'Europe du sud s'est installée dans les marronniers dont il dévore le feuillage.La LPO redoute les effets du réchauffement sur l'habitat de milliers d'espèces d'oiseaux. Ainsi, la Taïga s'étend vers le nord aux dépens de la Toundra circumpolaire, mais se trouve elle-même menacée par la prolifération d'insectes rongeurs, comme les scolytes favorisés par le réchauffement. Et la montée du niveau des océans risque de faire disparaître les grandes baies et les grands estuaires, lieux d'hivernage des migrateurs.
Le réchauffement climatique pourrait entraîner la disparition de 15 à 37% des espèces animales et végétales, avaient calculé des scientifiques, dans une étude publiée dans la revue Nature le 8 janvier 2004. Source information
http://terresacree.org

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